Lorsqu’on lui proposa de refaire une rétro, Cloclo mit son veto. Surtout parce qu’il s’agit de passer au peigne fin non seulement l’année écoulée, mais toute une décennie. Cloclo voulait entendre d’autres sons de cloche. Pour cela, il réunit le comité de la mafia nocturne. Bilan d’un revival passionnant, et parfois un brain «storming».


Ils furent huit au rendez-vous à se matraquer de souvenirs parfois rigolos, parfois morbides, à l’occasion même pathétiques. Agés de 24 à 66 ans, ils eurent toutes les différences d’âges et de générations nécessaires pour constituer un panoramique assez global de ce que furent les années nonante pour le belge et les nineties pour le noctambule branché. Entre la pizza et le sushi, leurs avis furent parfois aussi divergents que ce qu’ils étaient entrain d’engloutir. Mais ils furent surpris de la tournure philosophique que prit leur débat.

Première constatation: les meilleurs moments, ils les ont passé tout au début (1990 à 1992), et quelque peu vers la fin (1997-1998), mais pas forcément au milieu. Alors que, paradoxe quand tu nous tiens, ils sont quand même convaincus que 95 et le titre oh si prestigieux de capitale culturelle ont tout chamboulé et ouvert beaucoup de portes à une politique culturelle nettement plus diversifiée. Depuis lors, il y a foisonnement de concerts en tous genres, et ce ne sont plus uniquement des groupes ringards rescapés des seventies qui nous massacrent les tympans avec leurs sons indigestes et leurs noms à faire fuir toute personne plus ou moins déraisonnable. Le méga-concert des Stones a ouvert la brèche et la taille du marché professionnel n’a fait que s’épanouir depuis lors. Et ce n’est pas exclusivement à l’Atelier qu’eurent lieu les meilleurs happenings (merci quand même pour Gus Gus, Massive Attack et autres), car le Cafedelagare créa pendant une courte période des rencontres avec des groupes et dj’s aussi insensés qu’insolents de talent (Eva Kasal Tresor et autres), cela malgré une absence de vrai public intéressé. Public, qui lui aussi a bien changé. Ses moeurs, ses habitudes nocturnes, ses modes. Structurons un peu pour voir quelles sont les métamorphoses les plus frappantes de ces dix dernières années.

Affaire à suivre


La version imprimée de "Nineties.lu" est parue comme supplément du mensuel "Nightlife.lu - City Magazine Luxembourg" en décembre 1999.
   
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