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Le jour se lève sur la vie nocturne

Une chose fut claire dès le début. Les jeunes ont décidé de faire leur adieu aux habitudes bien figées des soirées entre potes. Halte définitive au rythme restau-bar favori-boîte attitrée à des horaires congelés 20h-22h-24h. Une envie de communiquer plutôt au bistrot qu’en disco fit exploser le choix des nouveaux cafés, qui ne tardèrent pas à tous s’équiper de leurs dj’s maisons. Les proprios de boîtes n’avaient qu’à bien se tenir, aucune disco n’ayant plus l’exclusivité. Il s’agit tout d’un coup d’être à l’endroit où la soirée à thème serait la plus tentante. Sans thème, plus de clientèle. Les nineties furent donc tout sauf un cadeau pour les exploitants de clubs. Ce glissement d’habitudes nocturnes fut une deuxième fois chamboulé avec l’arrivée de l’Utopolis à Kirchberg.

Lifting pour la culture «ado»
La popularité instantanée du complexe cinématographique démontra que toute une génération avait envie d’un package en lieu clos pour la soirée, mais aussi et surtout que les débuts à une culture de jeunes se faisaient de plus en plus tôt. La génération Internet, qui a bien vite remplacé la caste MTV, fait désormais ses premiers pas hésitants dans la vie publique dès l’âge de 12 ans. Cette baisse d’âge n’a, bien entendu, pas été sans influence sur la mode.

La mode épate, les «fashion victims» s’éclatent

Finie l’époque du look bcbg ou du port classique du jean 501. La diversité tribale permet désormais de bien choisir entre différentes familles de mode. Toutes les décennies de la dernière moitié du siècle y passent: fifties, sixties, seventies et eighties s’affichent, mais pas forcément dans l’ordre croissant. L’achat obligé des grandes marques est remplacé par les franchises et succursales à prix très raisonnable, le basic se marie à l’exentrique. Les tatouages et les piercings s’achètent à la douzaine, et les habitudes capillaires affichent la couleur en devenant de plus en plus «unisex».

Oublie les «moeurs» et ressucite !
Les différences entre les deux genres deviennent de plus en plus floues. Ce qui crée un premier agréable mélange homo-hétéro-bi dans certains endroits. Il ne reste pas à préciser que ce sont là les endroits où on s’éclate le plus. Ce qui a commencé il y a vingt ans avec l’ouverture de l’Interview semble évoluer lentement, mais sûrement. Du coup, les ghettos perdent heureusement un peu de leurs raisons d’être.


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La version imprimée de "Nineties.lu" est parue comme supplément du mensuel "Nightlife.lu - City Magazine Luxembourg" en décembre 1999.
   
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