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par Mike Koedinger.
C'est vrai, c'est d'abord un coup de coeur personnel. Rendre hommage
au "X-Non-Magazine", fanzine de nuit, de musiques et
d'arts créé par Gino Ricca en 1984 et diffusé
depuis, à environ 100 exemplaires chaque mois, plus ou
moins. L'"X-Non-Magazine" est aussi l'ancêtre
de "Nightlife.lu". C'est Gino Ricca qui a lancé
le concept du reportage de la nuit au Luxembourg. Son fanzine
de quelques vingt pages en noir et blanc, tout simplement photocopiées,
traite de façon radicalement subjective de la nuit et des
cultures avoisinantes. Ce sont les choix d'un auteur qui reste
fidèle à son style de vie "underground".
Avec Gino Ricca l'underground existe même au Luxembourg;
et toute l'équipe de "Nightlife.lu" fut rapidement
séduite par l'idée de rendre hommage à ce
personnage indispensable à la vie nocturne luxembourgeoise.
L'"X-Non-Magazine" est un magazine confidentiel. Ne
soyez pas étonné d'apprendre qu'il existe depuis
quinze ans sans que vous ne le connaissiez. Pour l'acquérir
il faut parcourir la nuit et croiser Gino dans un de ses bars
favoris du moment (Marx, Cat Club, Elevator, Conquest,
)
ou de toujours (Pulp, Pacha,
) car la vente se fait exclusivement
la nuit chez l'éditeur lui-même. Le numéro
coûte 70 francs. L'abonnement est possible, mais les rares
abonnés sont plutôt à l'étranger, comme
à Ibiza.
A part les reportages de la nuit, avec leur aspect voyeur, ce
sont les couvertures du magazine qui m'ont très souvent
séduites. Leur aboutissement esthétique et leur
équilibre graphique couronné par la fabrication
artisanale sont la signature d'un directeur artistique remarquable.
Avant de s'installer au Luxembourg, Gino a vécu durant
plusieurs décennies à Paris, Berlin, Londres et
Ibiza. C'est un véritable artiste de la vie aux mille métiers.
Il était "coffee boy" à Londres (d'après
lui, un des meilleurs et des mieux payés), il était
disquaire à Berlin (où il vendait des cassettes
sur lesquelles il avait auparavant enregistré une nouvelle
sélection de morceaux punks). Durant toutes ses années,
il faisait aussi des portraits, des photos de mode et se perfectionnait
dans l'art du dessin humouristique. Il était hippie avant
la mode en '67 et punk jusqu'à aujourd'hui. C'est un personnage
hors du commun et hors d'époque.
Durant ses nombreuses années à Paris, il habitait
toute une époque à l'Hôtel Louisana où
descendaient aussi les stars appréciant le côté
undeground de l'hôtel. C'est à ce moment, que Gino
a connu Amanda Lear (de laquelle il a hérité la
fameuse chambre 50 de l'hôtel), Mick Jagger ou encore Salvador
Dali (chez qui il était invité un après-midi
pour boire un thé, ensemble avec un mannequin de l'époque).
C'est aussi le moment de ses premières photos, "avant
je me consacrais à la peinture et au dessin, mais la photographie
était plus simple" nous confie-t-il en rigolant. Il
a commencé la photographie un peu par hasard, sa première
caméra était d'ailleurs un cadeau d'un voleur qui
habitait le même hôtel à Paris.
Affaire
à suivre
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